chacune dans un coin  elles tendent leurs filets clairs

attendent sans broncher  et s’accrochent à leurs rêves

captives de leurs toiles  elles ruminent leurs passésaraignee

ressassent leurs trophées  et décampent immobiles

 

sereines spectatrices  jamais découragées

toujours à l’affût  elles espèrent des visites

aux hôtes de passage  elles offrent des tricots

les retiennent fort tard  enclines à s’attacher

 

leur image leur nuit  ces ombres tisserandes

bêtes fragilités suspendues à un fil

leur présence importune  mais faut-il les maudire

ces solitaires nues créées à notre image ?