ô livres  compagnons fidèles

qui ouvrez vos pages

 à mes inquisitions

  qui m’attendez  sages

     sans faire de réflexions

       couchés sur la paillasse

    empilés  tour de Pise/

    ô livres  écrins des aires blanches

     dont les feuilles crissent

à mes attouchements

dont les parfums de colle

s’imprègnent puissamment

sur le bout de mes doigts

en m’ouvrant l’appétit/

ô livres  tombeaux de plumes

  qu’ornent des mots sacrés

    renaissant par ma gorge

douces sonorités

       au goût de sucre d’orge

      qui délient le parole

en restant chuchotées/

ô livres  mausolée d’esprits

où l’on sert des vers

à tous les assoiffés

où fusent des idées

de détresses éclatantes

en encre éclaboussée

sur des ciels de papier/

livres

 

Commentaire de l'auteur :

Prenons garde cependant que les piles de livres ne deviennent pas les donjons de l'esprit. L.