goéland de passage perdu aux quatre vents

d’un coup d’aile se niche au creux de ton coufilet

où pousse un lit de mousse et de lichen soyeux

tu es refuge

tu es falaise

tu es nid chaud

accueillant généreuse

les oiseaux fatigués

 

frêle coquillage que la marée emporte

d’un soupir s’accroche à tes épaules

couvertes d’un châle aux fleurs marines

tu es asile

tu es récif

tu es corail

accordant un abri

aux Bernards et aux Jacques

 

pêcheur esseulé sous la menace des lames

d’un geste s’allonge et t’enlace  tendre et fort

tel un naufragé s’agrippant au radeau de fortune

tu es phare

tu es jetée

tu es mon amour rocher

d’où je lance mes rets et d’où je retire

des saumons de plaisir

des loups de tendresse

et des lottes d’amour

 

Commentaire de l'auteur :

Cela fait déjà 20 ans que nous nous connaissons, autant dire une vie entière ! L.