à l’heure où se dressent les miradors d’étoiles

les bagnards en sursis font leurs tours de ronde

et comptent  le front bas  les pas légers de leur silenceIMG_2775

 

au fil de leurs monotonies barbelées

ils méditent  errant au rythme de leurs souffles

sussurant aux bosquets l’air ténu de leurs âmes

 

pour point d’horizon  le bout d’un chemin sale

ils avancent sans mobile

ils avancent immobiles

sereins d’avoir lâché le temps

ces dépossédés aux mains ballantes

et chargées de présent

 

l’allée entre les sous-bois les ramène chez eux

ces mages éthérés qui font le pas qui compte

le front ceint de couronnes ardentes

 

tous les sens aux aguêts

les voilà revêtus

de chansons végétales

de solos d’amphibiens

et de choeurs de cigales

 

sur leurs vieilles paillasses

la nuit leur sera douce

ces patients pénitents qui n’attendent plus rien

et se souviennent  attendris

du petit crapaud qui croisa leur chemin

 

Commentaire de l'auteur : Je dois ces quelques vers à mes déambulations nocturnes dans le petit bois du quartier. Rien de très scabreux, je vous rassure puisqu'il ne s'agit que de méditation ! Pourquoi utiliser le pronom "ils" alors ? Difficile de répondre... peut-être parce que, les sens en éveil et la pensée en vacances, je me sens démultiplié ? à méditer en tout cas ! L.