il faisait beau, c’était midi

nos mains rejointes s'étaient dit « oui »478px_Samurai_with_sword

au soleil sur la place, sourire au vent

je me disais : elle est mon printemps

ma joie, ma vie, tout mon cœur est épris, était pris

 

sans s’en soucier, Une ombre approchait

un noir samouraï, armé de haine

pantin grotesque, regard d’ébène

 

elle, de le voir là, si seul, si laid

aspic lové dans sa corbeille, triste haleine

a laissé percer son rire trop gai

et puis s’est tournée, preste et légère

exposant son dos au katana

              — ka.ta.na. —

lame étincelante et assassine

qui me l’a prise, et m’a privé d’elle, privé d’ailes

et dans mes bras, tu es tombée sans vie

tel un oiseau devenu caillou

et dans ton sang, j’ai sombré sans aide

sous la pluie des flashs qui crépitaient

le monde a hurlé et il s’est tu

son katana me l’a rendu muet

me faisant échouer sur l’île déchue

et me plantant là, si seul, si laid

et me plantant là,

juste avec mon cœur broyé

 

Poème dédié à ce jeune et joli couple Franco-Chinois qui a été détruit par une belle journée d'août, en plein centre de Beijing. JL