Perdu aux quatre vents, balloté à leur gré

Jamais je n’ai posé ma Coque sur la boue

J’aurais pourtant voulu m’y rouler, m’y noyer

Et ne faire plus qu’un avec le lit de glaise

Bien trop longtemps hors d’Elle, j’avais faim de la Terre

Faim d’y mordre dedans et d’y boire son suc

Je rêvais de fusion de corps et de pensée

De franchir en silence cet abysse entre nous

Le « nous » entre deux moi, le regard qui se juge

Exécuteur de vie, créateur de néant !

Mais aujourd’hui, enfin, le vent est retombé

J’ai trouvé le sillon que la Terre a creusé

Plus rien ne me retient, la Morale est rompue

Il n’y a plus qu’à vivre ou mourir à soi-même

La Coque s’est brisée et mon Ciel a blanchi

De retour dans son sein, l’ Amour m’a consumé

En un cri de silence

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