Entre mer et garrigue

Entre étang et canal

Ils marchaient côte à côte,

Alertes,

Sous l’ombrage des pins.

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Respirant le soleil

Jusqu’au bout de l’été

Ils savaient que le temps,

Trop court,

Etait leur bien commun.

 

Après avoir passé

La tombe des Noyés

Ils grimpèrent un talus,

Où l’herbe,

Leur servirait de couche.

 

L’un ouvrit sa besace

Et sortit la brioche ;

L’autre le renversa,

Et preste,

Lui goûta le téton.

 

Quelques mies de brioche

Autour du bouton rose

Suffirent à leur bonheur,

Parfum,

Entre écume et résine.

 

Seuls, perdus hors du temps,

Soupirant lentement

Au rythme de la mer,

Leurs corps,

Se grisaient sous le vent.

 

Saveur d’éternité,

O combien éphémère !

Car voilà que jaillissent

Des voix, des mots, des rires…

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Seraient-ce des intrus ?

Trop tard !

Le régal est gâché !

Autant – alors – tout remballer

Et reprendre la route,

La route vers la mer,

La route vers l’amer.